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C’était mieux avant ?

De nos jours on ne trouve plus de bons produits.

Les jeunes n’ont plus de valeurs.

Il y a la pollution, la violence, la crise économique.

Fukushima…

C’était mieux avant.

C’est vrai quoi…

Avant, on trouvait facilement du travail.

Pas besoin de rédiger des CV sophistiqués.

Pour faire affaire, une franche poignée de mains suffisait.

Pas besoin de contrats, d’avenants, et toute cette paperasse.

 

Avant, les gens étaient plus fiables.

Pas du genre à dire qu’ils commencent jeudi et à ne jamais se présenter.

C’était mieux avant.

Mais oui, ouvre les yeux.

Avant, les sportifs français ne gagnaient rien, ils étaient éliminés mais repartaient « la tête haute ».

En « sauvant l’honneur » (c’est fou ce qu’ils ont sauvé l’honneur nos sportifs…)

On en riait.

Maintenant, ils ne gagnent toujours pas, (ce n’est pas tout à fait vrai) mais on en pleure.

C’était mieux avant

Avant, on n’avait pas de pétrole mais quelques idées.

Maintenant on n’a pas plus de pétrole.

Mais pas d’idées non plus.

Pfff… c’était mieux avant, je te dis.

 

Les propos ci-dessus sont extraits d’une récente conversation avec Camille.

Je vous épargne la suite, cela a duré quarante minutes.

Dans le même registre.

 

Je m’amusais à la regarder se persuader elle-même de la justesse de son point de vue.

Hors son leitmotiv « c’était mieux avant », point de salut.

Pendant un bon moment, elle ne m’a dit que ça.

Multipliant les exemples qui validaient systématiquement son opinion.

 

Bref, à ses yeux :

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C’était mieux avant, na !

 

 

Comment réagir ?

En lui affirmant le contraire de ce qu’elle soutenait ?

En lui disant qu’elle se trompe ?

Bof… peu de chances de succès.

En lui montrant que défendre l’avant n’est qu’une fuite.
En avant.

Et après ?
Après, elle défendra encore l’avant alors… après tout, en avant !

Quand votre interlocuteur défend un point de vue « tranché » :

solutions1) Écoutez-le.

(Vraiment)

 

solutions2) Montrez-lui une autre façon d’envisager les choses.

En douceur mais de manière argumentée.

 

Voici donc, en substance, ce que je lui ai dit.

 

Tu as raison Camille, c’était mieux avant.
C’est la rançon du changement.

La violence aujourd’hui est un vrai problème.

Note bien qu’au Moyen-Âge on s’écharpait pour un oui ou un non.

Le sang coulait facilement… brrr… j’en ai froid dans le dos, rien que d’y penser.

 

Et puis, je suis content d’avoir échappé aux souffrances et aux 230 millions de morts des conflits du XXème siècle, pas toi ?

Dis Camille, tu aurais voulu vivre au temps de Hitler, Staline, Mao, ces joyeux démocrates ?

Finalement, tu vois, on progresse, la violence existe mais diminue.

 

Et pour le reste, là, c’est vrai, c’était mieux avant.

Bon d’accord, on ne vivait pas vieux.

A cause :

– de maladies multiples aujourd’hui facilement soignées.

– de travaux pénibles, sans outillages ni protections.

– d’un repos insuffisant, etc.

 

Au fait, autre changement, sais-tu qu’il y a plus de 15.000 centenaires en France, et que notre espérance de vie gagne 3 mois par an ?

Ce sont nos prédécesseurs qui auraient été contents.

Pas de chance… pour eux !

Mais bon.

Si on retire la violence en baisse et la hausse de la durée de vie, deux broutilles, globalement, c’était mieux avant.

Sauf que mon grand-père a découvert l’avion à la fin de sa vie… quand je l’ai découvert au début de la mienne.

Pour lui l’Amérique c’était le Pérou.

Pour moi, une destination parmi d’autres.

Sacrée différence de traitement.

 

Tu vois Camille, je me demande vraiment si c’était mieux avant.

Car, finalement, échangerais-tu :

  • nos moyens de communication, d’accès à la culture, à l’information, contre ceux, quasi inexistants de nos ancêtres ?
  • une dent extraite à vif autrefois contre une simple piqûre, aujourd’hui chez le dentiste.
  • les messagers à cheval contre nos smartphones qui nous relient au monde.
  • nos dirigeants actuels contre le jovial Attila, le gentil Brutus ou le délicat Gengis Khan… un amour ce Gengis Khan.

 

Et puis, quelle chance nous avons de discuter en ce moment Camille… grâce à ta voiture sans laquelle tu n’aurais pas pu venir au rendez-vous.

 

Bien sûr, pas question de s’émerveiller béatement.

Tout n’est pas rose aujourd’hui, loin de là.

Et rien ne sera jamais parfait.

Mais, tout bien réfléchi Camille, cela se confirme :

C’est mieux maintenant.

Beaucoup mieux même !

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Miracle.

Camille m’a écouté.

M’a-t-elle entendu ?

Totalement, non : ses croyances limitantes sont si ancrées.

Partiellement, oui : l’idée fait son chemin.

Je vais reprendre rendez-vous !

 

Et maintenantQu’en dites-vous : pour vous, c’était mieux avant ?

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